La cigarette traditionnelle et la cigarette électronique semblent connaître deux fortunes bien différentes. En effet, alors que la première perd de plus en plus de terrain, la seconde en dépit de son existence assez récente en gagne de plus en plus et se pose aujourd’hui comme une menace de taille pour l’industrie de la cigarette traditionnelle. Pour résumer la situation, alors qu’en 2010 le secteur de la cigarette électronique en était encore à ses premiers balbutiements, aujourd’hui il pèse près de 100 milliards de dollars. 

Déshabiller Paul pour habiller Jean ?

Les questions qui n’ont pas dès lors manqué de s’imposer aux mastodontes de l’industrie du tabac sont:

  • Qui sont les vapoteurs, s’agit-il d’anciens fumeurs de tabac qui sont passés à l’ecigarette, ou juste de nouveaux entrants ?
  • Jusqu’où l’ecigarette va-t-elle continuer sa progression et quel manque à gagner cela va-t-il représenter pour mon secteur ?

Les réponses à ces questions ayant de toute évidence été considéré comme négative pour l’industrie de la nicotine, la riposte ne s’est pas fait attendre, avec  notamment des attaques en règles sur plusieurs fronts, allant de la nocivité de l’ecigarette (qui serait plus dangereuse que le tabac, l’hôpital se foutrait elle de la charité ?), à son incitation aux enfants à fumer, en passant par beaucoup d’autres fumisterie.

L’empire contrattaque !

Devant l’engouement que la cigarette électronique a su susciter en moins de 5 ans d’existence, l’industrie du tabac est parvenu grâce à ses lobbies à imposer dans l’agenda des décideurs à travers le monde des débats sur la réglementation de l’ecigarette et en particulier des liquides pour cigarettes électroniques.

Parmi les tentatives les plus spectaculaires (pour ne pas dire ridicules) on peut citer :

  • Une obligation de demande de
  • Interdire les cigarettes ou eliquides arômes fuités
  • Interdire les ecigarettes rechargeables ; ce qui est extraordinaire sur ce point est qu’il est endossé par des fabricants de cigarettes électroniques non rechargeables comme Reynolds et Atria qui compte ainsi écarter du marché le fabricant d’ecigarette rechargeables.
  • Interdire les cigarettes ou eliquides avec de la nicotine
  • Considérer la cigarette comme un médicament utilisé dans le cadre du sevrage tabagique et dont la vente serait alors réservée aux pharmacies
  • Réserver la vente de la cigarette électronique aux bureaux de tabac (et ainsi écarter les magasins spécialisés)
  • Réserver la vente de la cigarette électronique aux magasins spécialisés (et ainsi écarter les sites internet).

Comme on le voit bien le marché « juteux » de la cigarette électronique suscite toutes les convoitises imaginables. Des mastodontes de l’industrie du tabac au petit magasin spécialisé du coin de la rue, chacun y va de son grain de sel et plaide pour une réglementation allant dans son sens.

Le résultat en est qu’on a une impression perpétuelle que la cigarette électronique est en suspens et que sa vie ne tient qu’à un décret.

Tout ce bruit et toute cette fureur ne semble avoir qu’un seul objet, se réserver (sans avoir à se battre pour)  la plus grande part d’un pactole déjà énorme que 100 milliards de dollars et qui ne cesse de grossir.

Le perdant de cette bataille de chapelle est tout désigné, c’est le consommateur lambda qui a vu avant tout le monde dans la cigarette électronique, non pas un médicament, non pas un énième méthode de sevrage tabagique, mais un moyen comme un autre de fumer tout en se prémunissant des méfaits du tabac.